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28 Mar

Sur la route de la soie (partie 4).

Published by Sanlaurenzu

Sur la route de la soie (partie 4).

Les grottes de Mogao (莫高窟)

Egalement connues sous le nom de "grottes aux milles bouddhas", elles se situent à 25kms, au sud est, de Dunhuang. Elles forment le plus grand ensemble de grottes d'art bouddhique de Chine. L'ensemble monumental se compose de 735 grottes, dont deux immenses qui abritent des bouddhas géants, un de 36 mètres de haut, et le second de 25 mètres. Elles sont alignées sur 1,6kms de long, et sur 3 ou 4 niveaux, dans une falaise du mont MingSha, au cœur du désert de taklamakan, et au bord d'une rivière salée. Toutes décorées de fresques colorées et pour certaines de statues bouddhistes taillées à même la roche.

Le premier bouddha géant représente Metreya, le bouddha du futur. Sculpté dans la falaise, au VIIième siècle, il impressionne de part le peu de recul dont on dispose pour le contempler. Il faut quasiment se tordre le coup afin de voir la tête. La première chose que l'on voit en entrant dans cette grotte est le bas de la robe, puis les orteils immenses... L'emplacement des échafaudages ayant servis à sa conception sont encore visibles. 12 ans furent nécessaire à son élaboration. C'est également lui qui est représenté dans l'autre grotte monumentale, avec au plafond, des sculptures représentant du linge suspendu, afin de représenter l'intérieur d'une tente. Il a également été érigé au cours du VIIième siècle.

Avant d'aller plus loin dans la description de ces grottes et de leur histoire, autant vous dire tout de suite qu'il n'y aura aucune photo de l'intérieur de ses grottes. Toute prise de vue étant rigoureusement interdites afin de préserver les fresques. On vous prie d'ailleurs de déposer appareils photos et téléphones portables à l'entrée. On ne peut pas non plus visiter toutes les grottes : la visite se fera obligatoirement accompagné d'un guide, qui ouvrira les portes au fur et à mesure de la visite. En effet, un mur de protection et des portes ont été construites devant ces grottes, afin de les protéger des effets du temps. Elles ne sont donc plus visibles de l'extérieur.

Le bouddhisme est donc le thème, centrale et unique, des fresques et statues de ces grottes. Et comme elles se trouvent à proximité de la route qui a permit au bouddhisme de pénétrer en Chine, la plupart des occupants étaient des "convertis". Afin d'aider les gens à comprendre et à apprécier cette nouvelle religion, les moines et artistes ont écrit des histoires de bouddhas et ont transcris des écritures sur les murs. Les études réalisées sur le site ont montrées que ces grottes ont été creusées et sculptées entre le IVième et XIVième siècles, c'est à dire sous dix dynasties différentes, ce qui est attesté par les différents styles retrouvés dans les grottes, au niveau des fresques et des statuaires, qui reflètent le style bien particulier de chaque dynastie. Cependant, c'est sous la dynastie des Tangs, du VIIième au Xième siècle que les plus belles fresques et le plus grand nombre de grottes creusées. Les moines y menaient une vie austère, à la recherche de l'illumination. La peinture avait vocation à aider à cette méditation, mais servaient également à l'instruction des analphabètes en matière de légendes et de croyances bouddhistes. La plupart des fresques retraçent la vie de Sakyamuni, le bouddha historique. Mais l'on trouve également des fresques d'influences hindouistes.

Les moines avaient enfouies dans ces grottes plus de 40000 manuscrits bouddhistes et d'œuvres d'art. Ce n est que par hasard, au début du XXième siècle, qu'un moine taoïste mettra à jour ce trésor archéologique, littéraire et religieux. Sitôt la nouvelle connue, des aventuriers venus d'occident ont alors afflué, pillant et sortant clandestinement des milliers d'exemplaires de ce trésor qui est aujourd'hui dispersé par le monde, France, Grande Bretagne, Russie, Japon,... Ce ne sont pas les seuls dégradations qu'ont eut a subir les lieux. Les musulmans s'étaient attaqués aux statuaires (on peut notamment en voir certaines où les têtes ont été saccagées), les russes blancs du début XXième avaient également trouvés refuges dans ces cavités, faisant peu cas de leur valeur et de leur contenu. En revanche, durant la révolution culturelle, l'endroit fut totalement épargnés par les gardes rouges, notamment grâce à l'intervention de Zhou Enlai...dont il faudra vraiment que je me penche sur sa "biographie", tant son aura est encore très forte de nos jours, et dont la vie et l'œuvre devrait être un exemple pour tous les dirigeants d'aujourd'hui.

La grotte abritant le bouddha géant de 36 mètres.

La grotte abritant le bouddha géant de 36 mètres.

Grottes voisines, vides, sans doute d'anciennes habitations, laissant deviner à quoi pouvait ressembler le site avant son "emuremment" protecteur.

Grottes voisines, vides, sans doute d'anciennes habitations, laissant deviner à quoi pouvait ressembler le site avant son "emuremment" protecteur.

Les tâches blanches dans le lit de la rivière est du sel...

Les tâches blanches dans le lit de la rivière est du sel...

Sur la route de la soie (partie 4).
Sur la route de la soie (partie 4).
Vue d'ensemble des grottes, au cœur de la vallée, et sous le dessert de taklamakan.

Vue d'ensemble des grottes, au cœur de la vallée, et sous le dessert de taklamakan.

L'entrée de la grotte 96, abritant metreya, le bouddha géant de 36 mètres. On aperçoit dans le fond les portes qui protègent les grottes.

L'entrée de la grotte 96, abritant metreya, le bouddha géant de 36 mètres. On aperçoit dans le fond les portes qui protègent les grottes.

Une fresque oubliée?

Une fresque oubliée?

Sur la route de la soie (partie 4).
Sur la route de la soie (partie 4).
Sur la route de la soie (partie 4).
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Blog de voyages et de photos, entre Corse et Chine.