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28 Mar

Sur la route de la soie (partie 3).

Published by Sanlaurenzu

Sur la route de la soie (partie 3).

Les ruines de l'extrémité occidentale de la grande muraille.

Continuons de mettre nos pas dans ceux des commerçants ayant parcourus cette route fascinante, à travers des paysages arides et splendides à la fois. Continuons notre découverte d'une région autrefois prospère, incontournable et carrefour de tant de civilisations ayant tant apportées à l'humanité. Une région également marquée par des invasions beaucoup moins pacifiques que celles de milliers de commerçants et marchands en tout genre. Car la Chine, qui a quasiment toujours voulu rester plus ou moins isolée du reste du monde, a été l'objet de nombreuses convoitises de la part de ses voisins. Perses, Huns, Mongols, sont autant de civilisations ayant tentées de conquérir l empire du milieu. Avec plus ou moins de succès, ils furent tous, soit repoussés, soit sinisés et donc assimilés.

Pas etonnant dès lors que le plus bel ouvrage de cette période soit un ouvrage de défense qui parcourt des milliers de kilomètres, d'est en ouest, qui traverse une grande partie de la Chine, qui traverse des régions et des paysages les plus variés. Une construction humaine qui impressione encore aujourd'hui par l'ampleur de la réalisation. Un symbole également de la politique chinoise qui était alors de "s'enfermer" et non pas de conquérir. De se défendre et non pas d'attaquer. La grande muraille de Chine symbolise à elle seule l'abnégation et la force de la Chine de l'époque, mais aussi son mode de pensée et sa philosophie.

Construite en plusieurs phases, pour marquer la frontière nord du pays, entre le IIIième siècle avant JC et le XVIIième siècle, elle est la structure architecturale la plus importante jamais construite par l'Homme. Une longueur, en comptant les parties détruites et les défenses naturelles, estimée à 21196 kms, d'une hauteur moyenne de 7 mètres (pouvant atteindre 17 mètres à certains endroits!), et d'une largeur moyenne de 5 mètres, ses dimensions laissent rêveur... Si comme on l a vu, elle a été érigée en plusieurs phases, sous plusieurs dynasties, le terme de grande muraille désigne traditionnellement la partie construite à partir du règne de l'empereur Shi Huangdi, et terminée par les Qing, règne sous lequel la grande muraille prendra sa forme actuelle. Entre temps, c'est l'empereur des Hans, Wudi, qui fera prendre un essor considérable à sa construction. C'est notamment sous son règne que la portion qui nous intéresse ici sera construite, le long de la route de la soie, entre 129 avant JC et 119 avant JC. Plus de 1000 kms en une dizaine d'années! Traversant le désert de Gobi, elle arrive désormais jusqu'au nord ouest de Dunhuang, en pleine étendue désertique.

Évidemment, compte tenu des contraintes, la matière première nécessaire à sa construction dépendait alors des disponibilités du terrain. Ici donc, pas de gros blocs de pierre ou de granit imposant comme on le voit plus à l'est. Les bâtisseurs se sont servis des cailloux présent dans le sable, de la boue, de la terre et de roseaux. Le tout était recouvert d'argile. Un procédé qui permettait de limiter l'érosion, et rendait l'escalade des parois difficile. Enfin, les tours de guet et d'alarme étaient positionnées en fonction de la configuration stratégique offerte par le terrain. Des forts étaient également construits à proximité de la muraille, ou directement intégrés aux murs. La communication se faisait à l'aide de signaux de fumée en haut des tours.

Les ruines occidentales de la grande muraille, remarquablement conservées malgré les matériaux utilisés et les attaques du temps et des hommes.

Les ruines occidentales de la grande muraille, remarquablement conservées malgré les matériaux utilisés et les attaques du temps et des hommes.

Une ancienne tour de garde.

Une ancienne tour de garde.

Sur la route de la soie (partie 3).
Sur la route de la soie (partie 3).
Sur la route de la soie (partie 3).
Sur la route de la soie (partie 3).

La porte de Yumen.

A l'ouest de Dunhuang la route de la soie se divise en deux parties, l'une appelée le passage de Yumen et l'autre le passage de yangguan. Les portes du même nom gardaient les entrées de ces deux routes. Les portes avaient les mêmes fonctions des bureaux de douanes contemporains. Les installations qui s'y trouvaient on toutes disparues, seules persistent les fondations de ces portes.

La porte de Yumen contrôlait l'entrée et la sortie de la route septentrionale. Elle était également appelée la "porte de jade" car le jade de Hotan des contrées occidentales étaient transporté par ce passage vers les régions intérieures où il jouissait d'une grande réputation. Ses murs d'enceinte, qui persistent aujourd'hui, mesurent une dizaine de mètres de haut, pour 5 mètres d'épaisseur, et se dresse en plein milieu du désert de Gobi, non loin d'une vallée arrosée par un fleuve aujourd'hui quasiment asséché. Un fort de defense s'y dressait autrefois. Selon les registres retrouvés, la porte de Yumen aurait connu son apogée entre le IIième siècle avant JC, jusqu au IIIième siècle après JC. Par la suite, la route de la soie a ouvert un itinéraire plus au Nord et l'activité de cette porte a peu à peu décliné.

Un poème, datant de la dynastie des Tang mentionne cette porte, et résume à lui seul, en quelques mots, les conditions qui régnaient à cette endroit, déjà, à cette époque.

"Au delà de la passe de Yumen, le souffle du printemps ne s'est jamais aventuré".

La vallée entourant la porte de Yumen.

La vallée entourant la porte de Yumen.

La porte de Yumen.

La porte de Yumen.

Sur la route de la soie (partie 3).
Sur la route de la soie (partie 3).
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Blog de voyages et de photos, entre Corse et Chine.