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10 Mar

Envoûtants idéogrammes (partie 3).

Published by Sanlaurenzu

Envoûtants idéogrammes (partie 3).

3- La classification et les règles d'écriture des idéogrammes.

Au niveau de la classification des ideogrammes, ce sont tout d'abord les "clés" qui vont être determinantes.

Le premier à avoir isolé les "clés" et avoir montré leur importance dans la compréhension de l'écriture chinoise est Xu Shen, aux environs de l'an 100. Il en a dénombré exactement 540! Le rôle de ces clés est double. Tout d'abord elles permettent d'indiquer le domaine sémantique auquel appartient le caractère, mais aussi de classer tous les caractères possédant la même clé dans un seul groupe.

Il existe ainsi, pour donner un exemple, la clé de la terre, ou du bois, qui sont ainsi communes a tous les caractères ayant un lien direct ou indirect avec la terre ou le bois. Il convient toutefois de nuancer tout de suite cette affirmation. En effet, il existe de nombreux caractères portant une clé, de l'eau par exemple, et qui n'ont qu'un rapport très lointain avec celle-ci, voir même pas du tout! Dans ce cas, cette clé éclaire la façon dont les anciens chinois percevaient le monde, leurs anciennes croyances. Si non prenons l'exemple de l'arc en ciel, le caractère porte la clé de...l'insecte. Pourquoi? Car les ancêtres des chinois se représentaient ce phénomène naturel par l'intervention d'un dragon!

Enfin, pour peaufiner le classement dans un dictionnaire, les chinois dénombre le nombre de traits nécessaires pour tracer ce dernier.

Donc, pour résumer, pour rechercher la définition d'un caractère, il faut d'abord identifier la clé, qui déterminera le groupe auquel appartient le-dit caractère. Elles sont classées par nombre de traits necessaires pour les tracer. Ensuite dénombrer le nombre de traits nécessaires pour le tracer, et enfin, rechercher la page ad-hoc dans le dictionnaire.

Les différentes catégories.

- En premier lieu, les xiangxingzi, qui sont à l'origine, les representation fideles des objets, animés ou inanimés, des choses, des personnes, une action,... Ils sont en quelques sortes la "base" de l'écriture chinoise.

Quelques exemples, avec les soleil (ri), le bois (mu) ou encore montagne (shan). Si pour certains caractères le lien avec les caractères primitifs est encore evidente, comme pour la montagne par exemple, il faut reconnaitre que la simplifacation des caractères à le plus souvent detruit ce lien entre la chose décrite et le pictogramme.

- Les caractères ideographiques ou ideogrammes, zhishizi. Ce sont certains signes, qui associés à des caractères dejà existant, indiquent le sens dérivés de ce que l'on cherche à décrire. Ce sont des idéogrammes qui vont décrire quelque chose qui n'a pas vraiment de forme. Prenons l'exemple du mot "dessus/sur" et "dessous/sous". Pour le premier, voici sa représentation actuelle : . A l'origine, pour déssiner la notion de dessus, les chinois traçaient une ligne horizontale avec un point au dessus. Pour le terme "dessous", le pictogramme est quelque peu different, mais l'idée reste la même. Si auparavant ils se contentaient de tracer une ligne horizontale avec un point...en dessous, aujourd'hui il ressemble à ça :

Cet ajout de petit signe sur des caractères déjà existants pour definir une nouvelle notion abstraite est encore plus flagrant dans l'exemple suivant :

qui se traduit par "racine, début, commencement,...". Si vous reprenez le caractere du bois ci-dessus, vous vous apercevrez que l on a juste rajouté un petit trait horizontale en bas, afin de delimiter le sol, et faire apparaitre de facto, les racines, signes de commencement.

- Les caractères formés par association, les huiyizi. Ce sont des synthèses de plusieurs pictogrammes, généralement deux. Le sens global ainsi donné peut s'interpréter alors comme une sorte de puzzle sémantique. Le sens global est donc déduit de l'assemblage logique des caractères. Quelques exemples pour le moins "parlant":

L'automne n'est pas la saison où les céréales, "he" ont la couleur du feu "huo" ? L'automne s'ecrira donc .

N'a t'on pas l'habitude d'écrire de manière poètique qu'un coeur "xin" en automne "qiu" definit quelqu'un de triste? La tristesse s'ecrit donc naturellement "chou" .

Enfin un dernier exemple qui fera plaisir aux dames. Comment les chinois définissent ils la tranquillité? Une femme, et UNE seule "nü" sous le toit de la maison "mian" ! Ce qui donne donc "an" .

Envoûtants idéogrammes (partie 3).

- Les idéophogrammes, les xieshengzi. Une partie du caractère représente le sens, l'autre la prononciation. Ce sont de loin les plus nombreux, ils représentent à eux seuls près de 90% des idéogrammes. La partie décrivant le sens sémantique est donc la fameuse clé, permettant donc de définir ce que l'on cherche à décrire. Elle se place généralement à droite de l'élément phonétique. Mais, pour des raisons esthétiques, elle peut également se positionner au dessus, en dessous, ou à gauche. Notez que TOUS les caractères disposent d'une clé. Mais seul les caractères comportent ces deux éléments, à savoir la clé ET l'élément phonétique, seront classés dans cette catégorie. Prenons tout de suite un exemple avec le mot "yu" , qui signifie "langue", "langage". La clé se trouve à gauche et signifie "parole", l'ancienne représentation montrant bien les ondes sortant de la bouche . On retrouvera cette clé sur tous les caractères ayant un rapport avec la parole. Et sur la droite, l'élément phonétique "wu" qui signifie "moi". On retrouvera cet élément phonétique sur tout les caractères se prononçant de la même façon, "wu", seul la clé dès lors sera différente. Prenons les exemples de "brillant" avec la clé du soleil, ou encore "prendre conscience" avec la clé du cœur. Mais, me direz vous, ceci ne marche pas avec le mot "langage" puisque ce dernier se prononce "yu" et non pas "wu". Ceci est tout simplement dû à l'évolution de la langue.

- Les caractères formés par transfert de sens, les zhuanzhuzi. Cette catégorie est la moins documentée de toutes. Et par conséquent sa définition exacte demeure encore floue et fait encore l'objet de controverse. Nous retiendrons celle-ci, la plus communément donnée, à savoir que ces caractères "servent a étendre la signification d'un autre caractère, ou à donner à un caractère le sens d'un autre ayant un sens voisin". A titre d'exemple, nous pouvons citer les exemples de "petit", prononcé "xiao" et qui s'écrit , et "peu" qui se prononce "shao" et qui s'écrit .

- Les caractères formés par emprunt, les jiajiezi. Cette catégories classent les caractères qui, à leur origine désignaient une chose, un objet, une action,...et desquels on s'est servis pour désigner une chose nouvelle qui ne possédait pas de caractère pour l'écrire. Ce genre d'emprunt n'étant possible à la condition exclusive que le caractère emprunté est exactement la même prononciation au nouveau mot qu'il servirait désormais à retranscrire. L'exemple le plus souvent cité est celui du mot "blé" et "venir". Le premier se prononçait "lai" et s'écrivait . Lorsque les anciens chinois ont eu besoin de retranscrire de manière écrite le mot venir, qui se prononce "lai", ils ont donc utilisé le même caractère. On a dès lors le même caractère pour décrire deux mots totalement différents me direz vous? Et bien non. Pour surmonter cette difficulté, les anciens ont ajouté un signe ou une clé à l'ancien caractère. Idem pour le mot "nord", prononcé "bei" et qui s'écrit . Auparavant, ces deux hommes dos à dos qui signifie "porter à dos", s'écrit aujourd'hui , avec l'ajout de la clé de la chair .

Envoûtants idéogrammes (partie 3).

Terminons cette présentation rapide des idéogramme chinois par les règles d'écriture. En effet, on ne trace pas les caractères chinois dans n'importe quel sens. Il y y un sens précis et strict qui dicte l'ordre des traits. Il existe 11 traits fondamentaux à connaître, et chacun à sa place dans l'ordre dans lequel il doit être tracé.

- Le point

- Le trait horizontal

- Le trait vertical

- Le trait vertical descendant vers la gauche

- Le trait vertical descendant vers la droite

- Le trait transversal

- Le crochet d'un trait horizontal

- Le crochet d'un trait vertical

- Le crochet d'un trait vertical descendant vers la droite

- L'angle d'un trait vertical

- L'angle d'un trait horizontal.

Avant toute chose, le caractère doit s'insérer dans un carré et doit être parfaitement proportionné et symétrique. Ensuite, il faut d'abord tracer :

- horizontalement d'abord,

- puis verticalement,

- le trait descendant vers la gauche avant celui descendant vers la droite,

- de haut en bas,

- de gauche à droite,

- de l'extérieur vers l'intérieur,

- si un caractère est inséré dans un cadre, d'abord tracer l'intérieur avant de "fermer" le cadre.

- enfin le milieu avant les deux cotés.

Exemple d'écriture d'un caractère.

Exemple d'écriture d'un caractère.

Cette série de présentation des caractères chinois est terminée. Présentation succincte, mais nécessaire. Car pour comprendre une civilisation, a fortiori la civilisation chinoise, unique et bien spécifique encore aujourd'hui malgré la mondialisation et l'uniformisation, il faut connaître quelques bases de langage, ce dernier étant une des clés (encore une) qui permet d'éclairer un peu le mode de pensée, les habitudes et les croyances d'une société.

Envoûtants idéogrammes (partie 3).
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