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11 Mar

Les arts traditionnels : la calligraphie et la peinture (partie 1)

Published by Sanlaurenzu

Les arts traditionnels : la calligraphie et la peinture (partie 1)

Ces deux disciplines sont intimement liées. Outre le fait qu'elles soient toutes les deux très anciennes, elles visent toutes les deux à refléter l'harmonie naturelle de l'univers. D'où, la sensation de plénitude qui se dégage des œuvres lorsqu'on les contemple. Et malgré la sensation de fluidité, de spontanéité qui s'en dégage, elles reposent toutes deux sur des techniques très codifiées. Intimement liés également par le fait que l'une, la calligraphie, a très fortement influencée l'autre, la peinture. Cette dernière empruntant les termes, les supports, la technique et l'esthétique à la première. L'art de la calligraphie à proprement parlé, c'est à dire lorsque l'écriture peut véritablement être considérée comme un art, s'est surtout développé sous la dynastie des Han. Art pratiqué par l'élite des lettrés, la calligraphie était un moyen d'expression et d'accomplissement de soi.

LA CALLIGRAPHIE.

Comme nous venons de le voir dans les billets précédents, l'écriture en Chine a une histoire particulièrement longue. Il en va donc de même pour la calligraphie. Depuis son origine, la technique s'est perfectionnée et différentes écoles sont apparues. On distingue 5 grandes écoles scripturales :

- les caractères des sceaux ou sigillaires. C'est le style le plus ancien, qui trouve son apogée sous la dynastie Qin. Il correspond à une adaptation calligraphiques des premiers caractères qui étaient gravés sur le bronze ou la pierre. Ce type de tracé est assez libre et n'est pas soumis aux contraintes des autres écritures. La lecture de ce type de caractère est impossible pour une personne ne connaissant que les caractères modernes. Et afin de pouvoir les tracer, il faut les connaître individuellement.

- les caractères des scribes. Ce style s'est affirmé en même temps que l'administration chinoise renforçait son emprise sur le territoire, notamment grâce au rôle prépondérant de l'écrit. En effet, le style sigillaire était en frein à la nécessaire diffusion des prises de décisions, de par son style irrégulier et complexe. C'est afin de faciliter le travail des scribes, des fonctionnaires, que sous la dynastie des Qin, on impose un nouveau style avec des contraintes de tracer bien définies. Ceci contribuera donc à une meilleur notation des documents administratifs ainsi qu'à un meilleur apprentissage de l'écriture. C'est un style majestueux, sentencieux et digne. On retrouve encore ce style de nos jours, outre en calligraphie, dans l'écriture des slogans, des titres ou des citations illustres.

Un maître réalisant une toile.

Un maître réalisant une toile.

Les arts traditionnels : la calligraphie et la peinture (partie 1)

- les caractères réguliers ou normalisés. Ce style est considéré comme une amélioration ou une rationalisation de celui des scribes. Il trouve son apogée sous la dynastie des Tang, et c'est à cette époque que seront définitivement fixés la structure et les règles techniques de tracé. C'est une écriture simple, très lisible et régulière. Ces traits de caractère répondent en effet au besoin de consolidation, de stabilisation et de centalisation du pouvoir impérial. Cette écriture, vecteur de l'administration, a perduré jusqu'en ...1958! Soit plus de 1000 ans! Les règles définissant l'ordre et les techniques de tracé sont toujours en vigueur aujourd'hui, à savoir une très grande stabilité (ne pas sortir du carré virtuel), abandon des angles aigus et directs pour des courbes plus fines, obligation de n'utiliser qu'un nombre définis de traits fondamentaux (au nombre de 11). Pour plus de détails concernant les règles, retrouvez le billet qui leur est consacré ici : http://sanlaurenzu.overblog.com/-65

- les caractères semi-cursifs ou courants. Cette calligraphie est apparue à la fin de la dynastie des Han. C'est une écriture rapide, on dit que ses caractères "courent", et usuelle. Elle est la plus usitée de nos jours pour l'écriture manuelle quotidienne. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce n est pas une écriture délaissée par la calligraphie, et encore moins une forme "abâtardie" des précédentes. Elle dispose en effet de ses propres contraintes. Ici, on ne relève quasiment pas le pinceau, sauf à tracer un nouveau trait distinct, et les traits se rejoignent donc plus souvent que dans le cas de l'écriture regulière. L'écriture est quasi cursive, les attaques de traits plus simples et plus directes.

- les caractères cursifs ou d'herbe. Également appelée, "l'écriture folles". Cette dernière expression, en chinois, peut revêtir deux significations : soit que l'écriture s'assimile à l'herbe dans le vent, soit elle est assimilée à de la paille, et alors cette écriture est éphémère, destinée à un brouillon. Les caractères ne rentrent ne respectent plus du tout la règle du carré virtuel, ils sont quelquefois liés entre eux, apparaissent déformés et semblent avoir été tracés sans contraintes apparentes. Mais ne nous y trompons pas, Ce style d'écriture, et sa lecture, est réservé à une certaine élite de calligraphe ainsi qu'aux spécialistes érudits. En effet, les caractères sont réduits à leur forme fondamentale, et ce, par deux processus : la simplification naturelle provenant du fait que le pinceau quitte très rarement la toile, soit provient de codes sténographiques très anciens, méconnus par le profane. Ce style, qui demande une connaissance pointue de l'écriture chinoise, de son histoire et une telle maîtrise technique, qu'il est désormais réservé à l'art. On pourrait parler ici d'idealisation de l'écriture ainsi que d'art abstrait. Dernier point qu'il faut relever ici, la rapidité n est ici que suggérée. L'artiste utilisant le style "herbe" n'exécute pas son œuvre plus rapidement que les autres.

Un atelier d'apprentissage de la calligraphie.

Un atelier d'apprentissage de la calligraphie.

Style des scribes ou lishou (隶书)

Style des scribes ou lishou (隶书)

Style régulier ou zhengkai (正楷).

Style régulier ou zhengkai (正楷).

Style courant ou semi-cursif ou xingshu (行书)

Style courant ou semi-cursif ou xingshu (行书)

Le style cursif ou zhangcao (章草).

Le style cursif ou zhangcao (章草).

L'écriture en Chine est presque idéalisée, elle tient un rôle prépondérant. Les calligraphes sont encore aujourd'hui respectés au plus haut point. Concernant leur matériel, ne parle t'on pas des "quatre trésors du lettré", "wen fang Xi bao" 文房西宝, que sont le pinceau, l'encre, l'encrier et le papier. A notre époque encore, vous verrez face de votre hôte s'illuminer si, en cadeau, vous lui tendez un coffret contenant ces quatres trésors...et ce, quelque soit son âge. Les chinois restent profondément attachés à leur écriture, et la respecte au plus haut point.

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Blog de voyages et de photos, entre Corse et Chine.